Peindre : réflexions d’avril 2011

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Un tableau n’est pas toujours le fruit d’une intention, ni même d’une pensée préconçues. Il y a souvent un automatisme qui cherche à faire place à toute la spontanéité de la création. Parfois je m’étonne des résultats d’une séance de travail qui ressemble à une peinture automatique dans laquelle je ne me soucie que des couleurs et de la composition.

Pendant un mois je vais revenir sur l’ensemble et sur une seule couleur jusqu’à cinq ou six fois. Pendant ce temps de maturation je vais alors raisonner, recomposer l’espace, affiner les teintes.

Cependant j’ai réalisé quelques tableaux provenant d’une esquisse très travaillée. Mais dans ce cas je me sens moins libre, comme si j’exécutais une image préexistante.

La nature fait partie de moi. C’est mon environnement depuis mon enfance. C’est elle qui a révélé mes passions et qui a partiellement sauvé mon enfance. Dans mon Limousin natal, j’en ai connu la rudesse comme la douceur, les ombres bienfaisantes comme la chaleur du midi sur les mottes d’argile glissante. Les champs sont donc devenus mes modèles, ma source d’inspiration. Pour preuve deux tableaux sont peints sur le motif , les autres sont imaginaires cela me libère encore plus et me rend heureux.

Peindre est un bonheur, parfois une méditation, mais toujours un besoin. Je me lève à huit heures et me retrouve en pyjama vers 15 heures, les pinceaux à la main. Peindre c’est découvrir une liberté totale que je n’ai connue que lorsque je concevais de l’architecture Chez Edouard Albert ou du design chez le Commandant Cousteau pour réaliser le musée de la mer dans le Queen Mary .

Depuis un an, j’ai abandonné les champs au profit du Bassin d’Arcachon, de ses ciels changeants, de ses gris persistants et de sa lumière pénétrante, du vent, et des bateaux. J’essaye d’exprimer mes sensations avec simplicité, utilisant la géométrie la plus stimulante, je parle des triangles qui me passionnent depuis le théorème de Pythagore et la réalisation de ma première charpente.

Pendant 42 ans de vie active, j’ai accepté toutes les règles imposées par la société. Aujourd’hui, c’est la ligne droite qui me permet d’être d’aplomb avec moi-même !

Daniel Audrerie. Andernos le 20 avril 2011