Vision

Le CorbusierUne abstraction géométrique

La nature m’inspire, la ligne droite me hante, mais la géométrie me guide.
En fait, je ne peux pas nier mon passé d’architecte. Depuis un demi-siècle je dessine et je peins. D’abord quelques tableaux par an, et pour la plupart des copies. Parfois pour m’isoler, souvent pour mieux rassembler mes forces mentales ou me découvrir. La création architecturale nécessite un travail d’équipe, un partage d’idées, des compromis. Aussi, j’ai toujours espéré créer sans contrainte de personnes, d’argent ou de temps. Depuis quatre ans, je m’adonne à la peinture avec force, conviction et plaisir.
Au début, j’ai cherché une méthode, une technique, des outils. Toujours avec pour objectif de faire des paysages abstraits. Rassurez-vous, comme le disait Picasso » il n’y a pas d’art abstrait, il faut bien commencer par quelque chose, on peut ensuite enlever toute apparence de réalité… »
L’abstraction je l’ai vécue dans les années soixante fréquentant systématiquement les galeries du quartier latin situées autour le la rue Bonaparte et la rue Jacques Callot. Je rencontrais alors, grâce à Edouard Albert architecte, Manessier, Lagrange, Gischia, Dubuffet, Estève, Calder, Tinguely, Soto, César…
La peinture d’imitation, la peinture thérapeutique sont devenues au fil du temps, peinture passion ! Depuis, je peins pour créer mon univers, un monde de couleur, de joie, et d’harmonie. Je peins pour découvrir un monde que je ne connais pas encore et qui apparaît à travers les couches successives de peinture. Je respecte la matière, et je brosse les couleurs avec douceur, comme pour caresser la toile.
Je recherche la perfection comme l’artisan peintre que j’ai toujours été. Peindre devient alors une récréation, une re-création d’un univers que j’ai peut-être déjà connu. Il y a en moi deux personnes : l’artisan qui sait comment faire, et l’artiste qui ne sait pas ce qu’il va inventer, mais qui se réjouit du dessin qu’il a créé, et pourtant jamais imaginé. Le sujet de la peinture, c’est la peinture, un point c’est tout.
J’espère qu’au fil des années, les espaces créés s’amélioreront et que le temps justifiera mon travail. En attendant, je cherche à maîtriser l’équilibre de la composition, la justesse des couleurs, la qualité du geste, tout en utilisant la matière picturale au strict minimum. Ce qui n’empêche pas mes tableaux d’avoir une belle vibration, mais ça est un autre domaine que je n’aborderai pas ici.
L’abstraction est un langage universel, et chacun de mes tableaux a son propre langage, et sa propre vibration.